Gabriel Bergounioux, Le Moyen de parler, Verdier, 2004, 238 p. – 18 €

 

Les spécialistes la nomment « endophasie » et tout le monde la connaît bien, cette voix intérieure, privée pourtant de signal sonore, qui commente ou dirige communément notre existence, quand on « se dit » que…, quand on « radote » ou « ressasse », toutes activités qui ne sont que rarement pathologiques. Si cet essai linguistique sur le sujet ne mentionne guère le lien entre endophasie et le fait de se parler tout seul à voix haute, c’est sans doute parce qu’il élabore un programme de recherches à venir, dont la nécessité semble à la fois évidente et urgente. La parole intérieure n’est-elle pas la manifestation la plus concrète de ce que, défendant la langue, nous défendons aussi la pensée française ?

 

Romain Vaissermann